Nos pratiques

En reconversion professionnelle, et travaillant jusqu’à maintenant hors secteur agricole, nous disposons de la double vision, celle du consommateur – en attente et en recherche d’une certaine qualité de produits – et celle (en démarrage) de l’agriculteur qui doit dans un quotidien déjà très chargé répondre à des injonctions parfois contradictoires (produire bon et produire pas cher) et dans un environnement professionnel exigeant (cahier des charge, normes, réglementation, etc.) et le tout dans un contexte économique peu propice avec une viabilité des investissement agricoles assez faible au regard du capital et de l’investissement en compétences mobilisées.

Les pratiques développées sur l’exploitation sont donc à l’intersection de ces différentes injonctions avec la volonté de favoriser des pratiques agricoles respectueuses du vivant, de limiter l’impact environnemental de nos productions et de s’inscrire dans les dynamiques sociétales du mieux consommer pour mieux manger, et de la réduction de nos émissions de CO2.

L’élevage extensif en plein air intégral

L’exploitation développe un élevage extensif de porcs et bovins de races rustiques et à croissance lente. L’élevage est mis en œuvre en permettant aux animaux d’exprimer leurs instincts et de satisfaire leurs besoins naturels dans un environnement adapté.

Les porcs naissent sur l’exploitation et disposent de parcours vastes et variés avec un faible chargement à l’hectare limitant les sols nus et l’érosion. Ils sont dehors toute l’année et disposent de cabanes pour s’abriter. Les porcs se nourrissent pour partie de ce qu’ils trouvent dans les parcours : herbe, fruit, vers, glands, noix, noisettes, châtaignes, etc. Ils sont également nourris avec un aliment complet à base de céréales, protéines et minéraux (2 à 3 kg par jour et par porc).

Les bovins sont également dehors toute l’année. Ils disposent d’abris sur les parcours. Ils sont uniquement nourris à l’herbe. Un complément en foin est apporté sur la période hivernale.

Il n’y pas de production de fumier ou de lisier sur l’exploitation. Les animaux étant en extérieur toute l’année, la gestion des déjections se fait par la rotation sur les parcours et le niveau de chargement. La certification biologique détermine des maximums d’occupation des surfaces et des maximums d’animaux par hectare. Les ratios retenus au niveau de l’exploitation sont plus extensifs que les critères de l’agriculture biologique pour un entretien des parcs sans les dégrader tout en favorisant les productions fourragères et arboricoles.

Les pratiques d’élevage nous permettent d’adhérer au label grand porc premium qui vient en complément de la certification agriculture biologique. Ce label, porté par l’association Div’Porc Aura, vise à soutenir des pratiques d’élevage respectueuses du bien-être animal et de l’environnement, et obtenir des produits de viande et de charcuterie de qualité à travers des procs « élevés en liberté ».

L’agriculture biologique & approvisionnement de proximité

L’exploitation est intégralement en agriculture biologique sur les terrains, les produits arboricoles et l’élevage. L’organisme certificateur est bureau veritas. Cela signifie l’absence de traitements phytosanitaires sur le végétal et le recours limité et en curatif au traitement vétérinaire sur l’animal.
La majorité de l’aliment pour les porcs est pour l’instant acheté à l’extérieur chez Cizeron bio mais l’objectif à moyen terme est de la produire sur l’exploitation. Les prairies et cultures fournissent les fourrages et complètent également l’approvisionnement en céréales et légumineuses. En parallèle, des partenariats sont noués avec des activités bio (producteurs, fabricants, magasins), afin de valoriser les invendus de fruits, légumes et boulangerie ou les restes de restaurations collectives.

L’agroforesterie, un cercle vertueux entre la plante, l’arbre et l’animal

L’agroforesterie est partie intégrante du projet initial avec la plantation d’un couvert arboré (2500 arbres) en complément des haies et bosquets préexistants.

Ce choix est un moyen de s’adapter aux changements climatiques, particulièrement dans un contexte d’épisodes de chaleur longs et récurrents, pour conserver l’humidité, réduire l’exposition directe des parcours ainsi favoriser un couvert végétal persistant. C’est également un aménagement souhaité pour disposer de parcours ombragé pour les porcs et de s’adapter au contexte géomorphologique de parcelles, avec des zones de forte déclivité (jusqu’à 30% sur certaines parcelles), en réduisant les risques et phénomènes érosifs induit par le fouissement des porcs. Enfin, l’implantation d’arbres nourriciers (chêne, châtaignier, fruiter, etc.) doit permettre à terme d’accroitre la part d’alimentation prélevée sur les parcours.

Au final, l’association arbre et élevage permet de valoriser les éléments fertilisants contenus dans les déjections pour les restituer ensuite pour les arbres nourriciers puis dans l’alimentation des porcs. Dans ce contexte, l’agroforesterie est un moyen d’associer et valoriser les arbres, les cultures et les animaux.

Des impacts environnementaux réduits

L’exploitation s’inscrit dans une démarche visant la réduction des déchets, la neutralité carbone, le retraitement de la ressource en eau. Concrètement, l’ensemble de l’énergie consommée sur l’exploitation sera renouvelable (d’ici 2026), produite sur la ferme (photovoltaïque, chauffe-eau solaire, biogaz, bois) ou via un fournisseur responsable. L’approvisionnement hors exploitation est majoritairement local, en AB et en favorisant les matières premières renouvelables.